
Salut ca va?
avril 14, 2008Si il y a quelque chose qui m’a toujours fasciné, ce sont les “Salutations“. Mais derrière ce côté sympathique, ce sont en fait des codes très institutionnalisés auquel il faut prêter beaucoup de sérieux car malheur à celui qui se trompera.
Bien sûr le plus évident à propos des salutations, c’est la questions rhétoriques que l’on pose tous : ça va? Si c’est une conversation téléphonique ou un autre endroit où le temps ne presse pas, on laissera un temps à l’interlocuteur pour répondre, au contraire de la rencontre dans un couloir où la meilleure réponse à un “ça va?” est un autre “ça va?”. Mais dans tout les cas, la réponse n’a aucun intérêt dans le sens où le locuteur ne s’attend pas directement à rentrer dans le débat directement. C’est un peu comme quand on va à la plage, il faut d’abord se mouiller les épaules et la nuque quand elle est très froide histoire de se préparer dans le même temps mentalement à la rentrée dans l’eau. On pourrait tout aussi bien plonger directement, le résultat serait le même mais c’est un rite. Mais le plus important quand quelqu’un vous demande si ça va, c’est de ne surtout pas répondre “non” au risque de voir un regard d’ennui et de combat intérieur dans les yeux de votre interlocuteur “Que dois-je faire? Je lui demande pourquoi ou je fais semblant de rien avoir entendu?”.
Mais là où cela devient compliqué, c’est quand la bise est aussi au programme. Je me rappelle encore de mon arrivée au collège et du devoir de faire la bise. A l’école on ne faisait la bise qu’à ses parents ou à son “amoureuse” et là tout d’un coup, il faudrait traiter toutes les nouvelles filles rencontrées comme sa mère, le choc. Surtout que malgré son côté rituel, la bise n’a jamais été codée. Alors après les “quatre” à la grand-mère, les “trois” à sa marraine, les “deux” à ses parents, il faut maintenant garder en mémoire qu’il y aura la “une” au collège, sûrement pour des raisons d’efficacité : une pause dure 10 minutes et un changement de salle en dure 5 donc si “deux” sont à prévoir, on ne s’en sort pas. Mais la chose est encore assez timide au collège et c’est une fois au lycée que le mouvement a pris de l’ampleur. Mais ce qui est très intéressant, c’est que très peu de vrai bises sont en fait réalisées : à savoir, s’embrasser mutuellement la joue. Quand on y pense, réussir à le faire relève tout de suite d’un caractère beaucoup plus sensuel. Mais alors comment se fait-il que tout le monde fasse du bruit en faisant la bise? Et c’est là le côté le plus comique de la chose, c’est le faux bruit qu’on fait tous instinctivement avec notre bouche. Quand on y pense, ce serait encore plus con de juste se coller tous la joue sans faire aucun bruit (mais essayer pour voir une fois). Et je suis sûr qu’il vous ai déjà arrivé d’assister à cette scène assez absurde où après avoir parlé 15 minutes à quelqu’un, le “je t’ai dis bonjour en fait?” arrive. Et oui, le contact est absolument vital.
Le problème encore une fois c’est qu’on n’en parle pas et une fois arrivé à la fac, on passe à “deux” bises, est-il déjà arrivé que quelqu’un demande pourquoi on est passé d’une bise à deux? Et encore je parle ici de Nantes car les codes changent d’une ville à une autre.
Mais heureusement (ou peut-être au contraire malheureusement pour nos pauvres cerveaux), il ne faut pas faire la bise à tout le monde. Bon on ne reviendra pas sur le fait de faire la bise où non entre hommes dans une famille. On ne parlera pas non plus de la bise entre amis masculin qui est sûrement la seule partie des salutations qui est énoncé clairement “allez, on se fait la bise”. Non, encore une fois, se serrer la main entre homme, c’est quelque chose qui n’existait pas à l’école. Après tout, quelle est l’utilité de se toucher la main si c’est pour faire un foot ou jouer avec une roue de tracteur (bah quoi on faisait pas ça chez vous?). Par contre une fois arrivé au collège, se serrer la main est un passage obligé, et très important car à y repenser, c’est dans le but de bien préparer sa vie adulte qu’on fait cela. Alors les premiers serrages de mains sont mous, hésitant, durent trop longtemps. Mais une fois arrivé au lycée on est prêt et les premières rencontres avec le monde adulte se font sans encombre. Bon il faut l’avouer, quand il y a plus de 8 hommes à qui il faut serrer la main, tout cela devient très fastidieux. Mais ne croyez pas vous en sortir en ayant les mains sales ou mouiller. Non car dans ces cas là, il vous faudra tendre ce que vous avez de plus présentable : votre petit doigt, votre poignet, votre coude, etc. Ne pas serrer la main à son entourage est considéré comme une preuve d’impolitesse extrême (surtout dans le monde du travail).
Et comme dans le monde moderne, rien n’est facile, dans le monde du travail il ne faut que très rarement rencontrer une femme pour la première fois en lui faisant la bise, dans ces cas-là on tendra la main. Mais à l’inverse, la même femme rencontrée dans une soirée se fera biser allègrement et vous passerez pour le dernier des cons en lui tendant une main.
Alors à toi qui comme moi a du mal avec tout les codes du monde humain, lis ces quelques lignes et si tu préfères, fait toi un mémo car une faute dans ce domaine est fatale.


j’avais écrit un petit billet sur le sujet il y a quelques temps mais il est loin d’être aussi bien que le tien
je parlais plus précisément du fait que je déteste faire la bise, car je ne comprends pas tous ces codes complètement inutiles qui sont censés faire de toi une personne fréquentable ou non
d’autant plus que ce n’est pas seulement selon les villes, mais parfois carrément selon le cercle d’amis que l’on rencontre, une fois tu seras mal vu parce-que tu ne fais pas la bise à tout le monde en arrivant, une autre fois tu seras moqué parce-que tu prends le temps de le faire - je ne cherche plus, je les emmerde!
merci
ca me fait plaisir de voir que je suis pas le seul à galérer avec ca ^^
Salut ! J’ai découvert ton blog par celui de Kawaii_saseko et du coup je tombe sur ce magnifique post de pur révolte de codes de notre quotidien ! Sympa !
Dans ma famille, y’a une tradition. Quand quelqu’un demande : ca va ? L’autre répond : qu’est-ce qu’ça peut te foutre ?! Comme ça au moins, on peut parler directement d’autre chose…
Bon ok, ça tient aussi au fait que dans ma famille, tout le monde s’appelle “ta gueule” et quand on se fait la bise, on a mal à la mâchoire pendant 2 jours, mais n’empêche, quelle belle coutume !
Allez, A+